En utilisant et en modernisant son réseau de pipe-line, le port relie les terminaux pétroliers aux dépôts en limitant les risques sur l’environnement. Il a récemment rénové deux lignes existantes (8M€ investis) et en a construit deux nouvelles (24M€ investis).
Les pipe-lines transportent des vracs liquides en toute sécurité, sans ajouter de camions sur les routes. Ces dernières années, les réseaux ont été simplifiés et de ce fait les risques de fuites sont limités. Les points sensibles, comme les distributeurs, ont été confinés dans des cuvettes de rétention étanches. Ces investissements sur les 21km de pipe-lines, réduisent considérablement les risques face aux problèmes liés à l’usure et à la corrosion.
En se positionnant sur le marché du gaz naturel, le port de Marseille Fos entend prendre de l’avance sur ses concurrents. Avec les cycles combinés au gaz, ce sont de nouveaux besoins et de nouvelles applications énergétiques qui apparaissent.

On compte deux terminaux méthaniers sur le territoire du port ; tous deux exploités par la société Elengy, opérateur de terminaux méthaniers depuis 1965. Le plus ancien, situé à Fos Tonkin, a été mis en service en 1972. Il a déjà reçu plus de 5000 navires. Sa situation nautique lui permet de recevoir les bateaux de petite taille (75000 m3 de gnl), adapté au marché méditerranéen. Un projet de prolongation de la durée de vie de ce terminal jusqu’à 2035 (Cap Tonkin) fait l’objet d’un Débat Public de septembre à décembre 2010 : rénovation de certaines installations, construction d’un réservoir de nouvelle génération, etc.
Le second terminal, mis en service commercialement le 1er avril 2010, se situe à Fos-Cavaou. Il est également exploité par Elengy, mais appartient à la STMFC (Société du Terminal Méthanier de Fos-Cavaou), qui a notamment supervisé sa construction et assure la commercialisation de ses capacités, dont les actionnaires sont Total à hauteur de 28,1% et Elengy à hauteur de 71,9%. Il peut accueillir les très grands navires de dernières générations : les Q-Flex de 217 000m3 et les Q-max de 270 000 m3. Il a une capacité de stockage de 330 000m3 avec ses 3 réservoirs de 110 000m3 chacun, pour une capacité de regazéification de 8,25Gm3 par an. Son activité génère un trafic maritime de 6,6 millions de tonnes.
La société Shell-Vopak envisage actuellement la création d’un 3ème terminal sur le territoire du port. Ce projet est également discuté en Débat Public, pour une éventuelle mise en service en 2017.
Le port de Marseille Fos se positionne sur le marché du gaz naturel pour plusieurs raisons. Tout d’abord le gaz naturel est considéré comme une énergie du futur : les réserves mondiales sont importantes, son impact sur l’environnement est limité. L’Europe est très largement dépendante du gaz russe et la France souhaite diversifier ses sources d’approvisionnement. Les terminaux méthaniers contribuent directement à la sécurité d’approvisionnement du pays en facilitant la diversification et l’augmentation ponctuelle des importations lorsque cela est nécessaire. En complément du gaz d’Algérie, il existe aujourd’hui des réserves très importantes au Qatar, en Égypte, au Nigéria, etc. Déjà, le gaz naturel vient de tous ces pays dans les terminaux méthaniers français et les méthaniers qui le transportent sont de plus en plus grands. Le port de Marseille Fos et Elengy sont prêts…
Le remaniement du réseau de brut comprend la construction et l’équipement d’un nouveau poste à quai (Poste 5). Le choix des superstructures de ce poste a évolué en cours de sa réalisation, au regard de projets privés. Initialement prévu pour le traitement de pétrole brut, le Poste 5 servira également aux produits raffinés. Il sera doté de bras de branchements et crocs d’amarrage de dernière génération, incluant des innovations technologiques telles que la mesure de la tension des câbles d’amarrage ou encore des systèmes automatiques de largage d’urgence des bras de branchement. Au total, l’équipement du Poste 5 aura coûté approximativement 6M€.
Pour suivre encore et toujours les besoins de ses clients et partenaires, le port envisage la construction de 2 nouveaux postes à quai. La création de ces postes revêt un certain confort technique car les besoins en tirant d’eau concordent assez bien avec les données géotechniques des sites d’implantation choisis. La construction d’un appontement de 80m de long sur lequel les navires s’appuieront est probable, avec des ouvrages d’amarrages indépendants. L’investissement public s’élève à 20M€ pour les infrastructures et 23M€ pour les supers. Tout ceci sera réalisé en fonction des investissements consentis par les entreprises privées porteuses de projets.
Respect de l’environnement, sécurité et qualité d’exploitation, voilà des principes auxquels le port s’attache en vendant à ses clients un service de déballastage moderne. Le déballastage est l’opération consistant à vider les eaux de ballast qui stabilisent les navires.

Concrètement, les cuves des navires sans cargaison peuvent être remplies d’eau de mer, selon le besoin. Les stations de déballastage s’inscrivent donc comme un service nécessaire aux navires chargés de vracs liquides, d’une part pour l’élimination de ces eaux ayant servi à lester le navire et d’autre part pour récupérer les eaux de nettoyage des citernes de cargaison.
En investissant 5M€ pour rénover les stations de déballastage en 2007, le port affiche sa volonté de moderniser ce service et prend ainsi en compte de nouveaux facteurs. Dans les années 70, deux grandes cuves de déballastage (15 000 m3 chacune) ont été construites dans la zone de services portuaires de Lavéra. Les eaux souillées y étaient donc stockées le temps de la décantation naturelle puis rejetées en mer. Les produits hydrocarbures récoltés étaient, eux, récupérés par les clients tels que Total, BP ou incinérés pour produire de l’énergie.
Après plusieurs opérations de rénovation de ces cuves, un constat de vétusté s’est imposé et les services du port ont mené une vaste réflexion pour concevoir une nouvelle station de déballastage prenant en compte les éléments suivants :
Concrètement, le classement de la DRIRE impose aux stations de déballastage du port les mêmes contraintes que Naphtachimie, BP ou Total. En termes de sécurité, cela se traduit par une cuvette de rétention étanche avec détecteur d'hydrocarbures, un réservoir double fond équipé de détecteurs de fuites, des clapets de sécurité feu, des couronnes de refroidissement à eau, une protection mousse…
Le port a calibré ses cuves sur les besoins actuels et futurs en déballastage en prenant en compte les conventions européennes relatives au transport de produits pétroliers. En effet, dans quelques années, la flotte des navires ne comportant qu’une cuve servant tour à tour aux hydrocarbures et aux eaux de ballastage aura disparue. Ceci a conduit le port à diminuer la capacité de chacun des deux bacs de 15 000 m3 à 5 000 m3.
D'autre part, la technologie des "toits flottants" mise en œuvre dans cette station de déballastage élimine la formation de gaz dans les bacs et limite les émissions de gaz polluants. Enfin, le processus de décantation est lui aussi amélioré grâce à l’installation d’un séparateur secondaire hydrocarbure / eau de mer – comme on en trouve sur de nombreux navires.