La protection de l’environnement concerne tout le monde sur le port. Aussi ce dernier s’implique au quotidien dans la gestion de ses déchets. Collecte, traitement et recyclage sont autant d’actions menées pour mieux gérer les déchets du port.
L’établissement public se préoccupe également des déchets des navires et, ses clients et partenaires mènent leur propre lutte contre la multiplication et l’invasion des déchets.
Depuis 2006, le port de Marseille Fos a donné une réelle impulsion dans le domaine du tri des déchets. D’une part, des campagnes de sensibilisation ont été menées par la distribution de plaquettes identifiant les différentes catégories de déchets, leur destination et leur devenir. En complément de ces supports, des informations ont été délivrées dans les lieux de vie comme les cantines afin de toucher plus directement les agents du port.
D’autre part, en créant une déchetterie interne, le port a permis la massification des différents déchets après brouettage de leur lieu de production. Ce dispositif permet de recycler des déchets du quotidien comme le papier, le carton, les déchets issus de la restauration collective, les néons, les aérosols, les déchets électroniques, les ordinateurs, les téléphones. Au total 16 catégories de déchets sont collectées sur le port. Tous ces déchets sont placés dans des conteneurs puis évacués vers les centres de tri pour être recyclés ou valorisés.

Dans un contexte législatif de plus en plus strict, le port a mis en place en 2004 un plan de gestion des déchets en provenance des navires. Il s’applique à l’ensemble des navires en escale dans les terminaux du port de Marseille Fos, y compris dans les terminaux privés.
Ce plan de gestion des déchets définit la manière dont doivent être pris en charge l’ensemble des déchets déchargés par les navires. Il s’agit à la fois des déchets d’exploitation : huiles de cale, ordures ménagères, filtres, graisses de cuisine, eaux usées (eaux noires/ eaux grises), plastiques, fusées de détresse, papiers…ainsi que les eaux de cale de navires et autres résidus contenant des hydrocarbures et des résidus de cargaison : résidus des cuves transportant des hydrocarbures (traités dans les stations de déballastage de Fos et Lavéra) ou des produits chimiques, mais également résidus solides (minerais, blé…). Une dizaine de prestataires spécialisés ont été sélectionnés par le port pour collecter les déchets en provenance des navires.
Le plan s’accompagne d’un système de redevance déchets novateur qui incite les navires à décharger leurs déchets lorsqu’ils sont en escale dans le port. En déchargeant, ils ne paient pas la redevance… cette démarche a permis de récupérer des volumes significatifs : en 4 ans, la collecte auprès des navires a doublé, passant de 34.300 m3 à 70.000 m3 ».
La taxe collectée auprès des professionnels qui ne respectent pas la procédure donne lieu à des investissements en faveur des démarches de gestion des déchets des navires : développement informatique, communication, enlèvement des épaves…
Difficile, depuis un navire, de trier ses déchets. Et pourtant c’est un véritable enjeu écologique aujourd’hui ! Seul le tri permet la revalorisation des déchets et réduit ainsi considérablement le tonnage des déchets non recyclables.
TPA et SERMAP font partis des prestataires spécialisés dans la gestion des déchets et sélectionnés par le port. La société TPA implantée sur le port depuis 30 ans et la SERMAP disposent d’une barge (d’une capacité de 1 200m2) pour collecter directement les eaux grises depuis le navire, elles sont ensuite analysées en laboratoire puis traitées par la station d’épuration de la ville. Tous deux ont fait leur révolution à Marseille en installant des services de déchetteries mobiles (à quai et en mer) opérationnels depuis 2009 et permettant de poursuivre le tri effectué à bord des navires par les équipages.
Avec ces déchetteries mobiles, la continuité du tri à bord des navires est assurée. Cette mesure renforce le dispositif de collecte des déchets sur le port de Marseille. Rappelons que, depuis la mise en place du plan de gestion des déchets, plus de 100’000 m3 de déchets d’exploitation solides et près de 200’000 m3 de déchets liquides ont été traités.
L’agent maritime, responsable de l’escale, déclare par voie informatique les déchets qui se trouvent à bord du navire. Les officiers de port en vérifient la conformité et le prestataire agréé, après avoir enlevés les déchets signalés, procède à son tour à une déclaration de collecte qu’il consigne sur le même logiciel. Il s’agit d’une véritable démarche de traçabilité.
Y a de la vie sur un navire ! Ceci implique des déchets liés à la vie quotidienne mais également ceux du fonctionnement du navire. Implanté depuis 1979 sur le port de Marseille Fos, TPA œuvre au quotidien pour collecter ces déchets.
Après avoir travaillé dans les déchets industriels dangereux, il s’attaque depuis quelques années au secteur maritime en devenant directeur de l’entreprise TPA. Et ce n’est pas une tâche facile. Il n’y a pas longtemps encore, les déchets étaient rejetés en mer ! Mais suite à une directive européenne la France adopte en 2004 un décret d’application conduisant les ports à mettre en place un plan de gestion des déchets. « Il faut inciter, aider mais aussi savoir punir… Le réflexe du déchet n’est pas encore là et pourtant il faut réussir à faire changer les mentalités » explique Christian Ebejer. TPA a été choisi par le port pour collecter les déchets des navires. Le port lui, met en place une taxe pour tout bateau ne respectant pas les règles.

L’entreprise possède des équipements spécialisés dans la collecte de trois familles de déchets MARPOL : les hydrocarbures, les eaux sanitaires et les ordures. Le camion de la déchetterie mobile donne la possibilité aux navires de trier leurs déchets. Le bateau de collecte se rend au large pour collecter les trois types de déchets et la barge de collecte récupère les eaux grises jusque sur les gros bateaux comme les portes avions.

Si les ordures et les eaux sanitaires retournent dans des circuits traditionnels pour être traitées et recyclées, les hydrocarbures subissent des transformations directement sur place. Ils représentent une grosse partie des déchets récoltés, puisque TPA en a collecté 36 000 tonnes en 2008. Composés d’eau, d’hydrocarbures et de sédiments, il faut donc travailler à les séparer. Les sédiments (boues) sont incinérés. A Marseille, l’eau subit un traitement physico chimique afin d’obtenir une certaine qualité pour la rediriger vers une station d’épuration. Quant aux hydrocarbures, c’est à Fos que tout se passe : ils redeviennent combustibles. L’usine RTDH, société soeur de TPA, se charge de les affiner afin de leurs redonner un statut douanier pour être réutilisés.

Les 14 employés de TPA doivent faire preuve d’imagination pour gérer un planning au jour le jour. En effet, impossible de savoir à l’avance quel bateau va solliciter les services de l’entreprise pour collecter ses déchets. Ce n’est qu’un jour avant l’opération de collecte que TPA est informé. Cette activité très spécifique demande donc toute une organisation. La météo entre en jeu également. Le bateau de collecte ne peut pas se rendre en mer si le vent fait des siennes ! Mais TPA est en ordre de marche et rend un service de qualité aux navires et au port.
Contact : 04 91 03 17 15