Le port, conscient de son impact sur l’environnement, conduit régulièrement des études tant économiques qu’environnementales. Combien d’emplois sont liés au port ? Quelle est la qualité de l’eau sur le territoire du port ? Quel air fait-il à Marseille Fos ? Quand les données sont connues, alors on peut alors agir en conscience, sur chaque cas.
Le site internet www.onshorepowersupply.org a été lancé sous l’égide de la World Port Climate Initiative (WPCI). Ce site internet s’adresse essentiellement aux autorités portuaires et aux compagnies maritimes soucieuses de préserver la qualité de l’air.
Il propose des informations techniques et pratiques concernant la technologie Onshore Power Supply (OPS). Concrètement, il s’agit de technologies permettant aux navires en escales de se connecter aux réseaux électriques des ports. Un moyen efficace de limiter les rejets dans l’atmosphère de particules polluantes et de préserver ainsi la qualité de l’air dans les ports.
Le port de Marseille Fos fait partie du groupe de travail Apice (avec les ports de Thessalonique, Barcelone, Gênes et Venise). Ensemble ils constituent des zones pilotes pour limiter les rejets dans l’air. L’implantation de outils OPS fait partie des démarches étudiées dans le cadre du projet européen.

Le port a dernièrement constitué un groupe de travail sur le délicat sujet de la réduction de la pollution atmosphérique. Les activités portuaires génèrent une belle dynamique économique et créent des emplois, c’est sur… Mais elles génèrent aussi de la pollution ! Les réflexions du port ont débouché sur un schéma opérationnel de raccordement électrique des navires séjournant longuement à quai. Ce schéma est actuellement débattu avec les armateurs, particulièrement la SNCM et La Méridionale. Si les compagnies sont prêtes, le port peut débuter le branchement électriques des navires à quai en 2011, avec 4 navires.
Les composés organiques volatils (COV) sont des gaz organiques pouvant devenir particulièrement toxiques. Ils se forment notamment lors du chargement de bateaux en produits pétroliers raffinés. Les vapeurs générées par la cargaison sont progressivement mises sous pression puis, durant le chargement suivant, les vapeurs s’échappent dans l'atmosphère. L’air est directement atteint par cette pollution.

La réduction des émissions de COV est perçue par le port comme un devoir de santé publique. Dans notre région, le problème est réel car plusieurs facteurs se combinent : l’importance des émissions industrielles et celles liées au transport et surtout la météo favorable à la formation d'ozone.
La construction d’une unité de récupération des COV est prévue sur le terminal pétrolier de Fos. A Lavéra, il s’agira de collecter les COV directement lors des opérations de chargement / déchargement de produits, avec des bras spécialement équipés. Ces gaz seront ensuite acheminés vers une unité de traitement.
| Lavéra | Fos-sur-Mer | |
| Chargement des navires | 581,4 | 265,8 |
| Stations de déballastage | 138,4 | 177,7 |
| Total | 719,8 | 443,5 |
AIRFOBEP surveille la qualité de l’air ambiant dans des lieux de vie comme les agglomérations. Autant dire que les composés polluants sont passés au crible. Le port, lui aussi, a souhaité connaître ce qui survole les bassins ouest de son territoire.
AIRFOBEP couvre la région de l’étang de Berre et de l’ouest des Bouches-du-Rhône. Elle a pour mission de surveiller, prévoir et informer sur la qualité de l’air mais aussi de déclencher des procédures de réduction des émissions ainsi que de réaliser des actions et des études. Plusieurs missions pour un seul objectif : améliorer la qualité de l’air.
Les bassins ouest du port se situent dans la zone couverte par AIRFOBEP. Essentiellement construits pour des entreprises et des terminaux industriels, les indicateurs traditionnels AIRFOBEP ne correspondent pas tout à fait à l’activité portuaire. « Cependant la Direction Régionale de l'Industrie de la Recherche et de l'Environnement (DRIRE) et le port de Marseille Fos souhaitaient que nous évaluions la qualité de l’air selon nos critères » explique Sébastien Mathiot, d’AIRFOBEP. Intéressant pour le port afin de connaître l’impact de son implantation industrielle sur l’air. Intéressant également pour AIRFOBEP par la proximité du port/villes (Fos-sur-Mer, Port-de-Bouc et Port Saint Louis du Rhône).
Beaucoup d’usines… ça peut faire peur ! Mais finalement le port s’en sort plutôt bien. L’étude conduite par AIFOBEP sur une année (2004-2005) a permis de mesurer différents polluants. Globalement les niveaux de dioxyde d’azote, de monoxyde de carbone, de plomb, d’arsenic, de cadmium et de nickel respectent les valeurs réglementaires. Bien que les émissions soient importantes, les espaces aérés du port évitent en grande partie l’accumulation des polluants dans l’air. Cependant certains dépassements de valeurs sont constatés en ce qui concerne le benzène, l’ozone et le dioxyde de soufre. Mais le plus préoccupant reste le niveau d’empoussièrement de cette zone. Des poussières visibles (terre, sable,…) et d’autres invisibles liées aux rejets des combustibles fossiles utilisés par les usines et les navires. C’est au niveau du terminal pétrolier que les concentrations dans l’air ambiant les plus importantes sont observées. L’activité liée au pétrole qui s’y déroule et la proximité de l’usine ARCELOR MITTAL en sont la cause.
Pour aller plus loin les études sur ces particules de diamètre inférieur à 10 micron mètres (PM10) se sont prolongées. Plus une particule est fine plus elle est dangereuse. C’est ainsi qu’AIRFOBEP s’est concentré les deux années suivantes sur les PM 2 ,5 c'est-à-dire des particules circulant dans l’air d’un diamètre de 2,5 micron mètres.
Si le port et AIRFOBEP se préoccupent de la qualité de l’air, ils ne sont pas les seuls. Certaines entreprises sollicitent également la mise en place d’études concernant leurs émissions atmosphériques.
Pour en savoir plus : www.airfobep.org