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Prix de l'innovation pour un projet à l’initiative du port

La région, qui primait récemment les acteurs du monde maritime les plus engagés, a retenu l’étude de Rachel HERMAND – SALEN dans la catégorie « Innovation ».

Cette étude, fruit d’une démarche de recherche appliquée, a été impulsée par le port, cofinancée à la fois par le port et la région PACA et s'est déroulée au sein des laboratoires du Centre d'Océanologie de Marseille.

Elle revêt un caractère exploratoire et d’innovation par les méthodes et modèles d’analyses utilisés.

Autre originalité, l’étude répondait à des questionnements bien concrets, formulés par le port et intégrait des objectifs d’application et de délai. Un mélange d’un genre nouveau, entre théorie et cas pratique.

Le thème de l’étude ?

"Réponses d'une communauté macrobenthique méditerranéenne soumise à des apports sédimentaires allochtones natures ou anthropiques"

Les spécialistes pourront découvrir le détail de la thèse sur le site ci-après >>

Pour les profanes, on pourrait « décoder » ainsi :

"Comment les animaux qui vivent dans les sédiments marins ont ils réagi au dépôt des 6 millions de m3 de matériaux extraits lors des dragages de Fos 2XL ?"

Il apparaît, somme toute, que le milieu naturel (faune) s'est restauré à hauteur de 85% de son niveau initial 3 ans après. Il faut entre 6 et 18 mois pour que la faune, qui vit dans les sédiments, repeuple le milieu et atteigne rapidement une densité élevée.

Ces résultats ont, entre autre, permis de formuler des recommandations pour les futurs dragages/clapages (1)

Choix du site de clapage :

Dans un premier temps, le respect de la granulométrie entre les sédiments dragués et le site récepteur est obligatoire pour ne pas modifier de façon drastique le substrat et les peuplements.

Dans un second temps, le site récepteur doit être intégré dans une communauté en "bon état". Une communauté avec une richesse taxonomique élevée est plus stable et supporte mieux les perturbations (Borrval et Ebenman, 2008). La communauté du site récepteur doit aussi être suffisamment étendue pour servir de "source" de colonisateurs. Un état initial qualifiant précisément l'état de santé et la potentialité du peuplement à supporter la perturbation est donc nécessaire.

La profondeur du site de clapage, ne doit pas être trop élevée afin de favoriser une zone ou l'hydrodynamisme et les variations des paramètres physico-chimiques soient suffisamment élevés. Les communautés inféodées à ces zones très variables sont plus aptes à supporter la perturbation. De la même façon, la proximité d'un fleuve favorise la présence de grandes quantités de matière organique et des communautés abondamment peuplées et particulièrement aptes à supporter les perturbations.

Modalités de clapage :

Selon la communauté du site récepteur, la saison à laquelle interviennent les travaux peut avoir un impact. Toutefois dans cette étude la saison n'a pas eu d'impact important sur les capacités de restauration de la communauté, si ce n'est indirectement par l'intermédiaire des variations de débits du Rhône.

Pour des quantités de sédiments identiques, il est préférable de ne pas déposer en couche trop épaisse et de le faire en plusieurs fois et en petites quantités (Schratzberger et al, 2000). Chaque événement de clapage ne devrait pas déposer plus de 10 cm de sédiment. Les déversements en un même lieu devraient être espacés d'au moins une journée pour permettre à un maximum d'espèces de survivre. Toutefois, dans certaines communautés, les animaux sont, de toute manière, incapables de survivre à un enfouissement.

Maintenant, reste encore à partager les résultats de l’étude auprès d’autres acteurs du littoral. C’est la raison pour laquelle le port de Marseille Fos contribue à la valorisation de cette étude suite à la publication de la thèse de Rachel HERMAND – SALEN.

D’autre part, au port de Marseille Fos, d’autres perspectives en matière d’innovation s’ouvrent déjà ; en collaboration avec le GIPREB (2) pour une expérimentation de transplantation d’herbiers sous-marins dans l’étang de Berre. A suivre…

Une chercheuse récompensée…

L’avant propos de la thèse de Rachel HERMAND – SALEN en dit long sur l’implication nécessaire à ce type de travail…

"Une thèse… qu'est-ce donc ?"

"Une thèse c'est plusieurs années de travail. Plusieurs années d'une vie et pour moi l'aboutissement d’années d'études. Quelqu'un m'a dit un jour que je "m'assurai ainsi de bonnes bases". C'est un peu vrai. Ce doctorat marque donc la fin de longues années d'études dans lesquelles j'ai tout investi. Je tiens à préciser que je ne serais pas arrivée jusqu'ici sans d'énormes investissements personnels, le soutien de mes proches et les bourses d'Etat.

Même si j'étais encore étudiante, ces années ont représenté pour moi une expérience professionnelle exceptionnelle au cours desquelles j'ai appris l'intégration dans un groupe professionnel existant, les relations humaines, l'autonomie, les contraintes, les déceptions et les réussites… une partie de la vie professionnelle en somme. La vie professionnelle n'est que très rarement solitaire, et ma thèse n'a pas dérogé à la règle.

En effet, même s'il n'apparait que mon nom sur la couverture de ce manuscrit beaucoup de personnes ont participé à ce travail. Je ne peux donc pas oublier de glisser un mot pour celles et ceux qui se sont investi même un tout petit peu dans ce projet.

A l'origine, lorsque j'étais encore en DEA, c'est Jean-Michel Bocognano (cadre au Service Aménagement et Développement Durable du GPMM) qui venait travailler avec Chantal à la mise en place de ce projet. Je me dois de le remercier pour cela parce que pas de projet, pas de thèse…"

Aujourd’hui récompensée par un prix régional de la mer dans la catégorie innovation, Rachel travaille déjà à d’autres études, scrute d’autres cas… Elle a été embauchée, avant même la soutenance de sa thèse, par le bureau d’études Copramex où elle met en pratique les diverses connaissances acquises ces dernières années.

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(1) Clapage : action de largage des matériaux collectés lors de dragages. 
(2) GIPREB : Groupement d’Intérêt Public pour la Réhabilitation de l’Etang de Berre